Les dimensions de notre quartier d’univers

Il est pratiquement impossible pour notre entendement de se rendre compte des dimensions de l’univers. Du seul fait que les années lumières constituent la mesure de distances parfaitement abstraites, nous n’essayons même pas de nous représenter un tant soit peu à quelles distances se trouvent le soleil, la lune et les étoiles. Pourtant, c’est tout à fait possible.

La lune comme un citron, le soleil comme un planétarium

Faisons du modélisme et miniaturisons notre monde afin d’avoir une idée approximative de notre voisinage galactique. Admettons que la terre soit aussi grosse que notre tête – ou que nous portions un globe comme un casque. De quoi notre environnement direct aurait-il l’air ?

Dans notre espace immédiat, la lune flotterait, comme un citron pâle, à 5 mètres de nous1. À une distance de deux kilomètres environ, une boule lumineuse aurait la dimension d’un beau planétarium de 20 mètres de diamètre : c’est le soleil.

Dans ce paysage, nous pourrions apercevoir aux jumelles voler des balles de différente taille (tennis, handball, football…) qui seraient les planètes Mercure, Venus et Mars. Beaucoup plus loin, avec une bonne longue-vue, Jupiter à 13 km et Saturne à 20 km auraient la taille de belles meules de foin de 2 mètres ou 2,5 de diamétre… Il faudrait un télescope quand même pour dénicher un gros ballon de baudruche de 60 cm de diamètre à une distance de 65 km (Neptune). Tous ces objets tourneraient autour de notre planétarium dont l’attraction se ferait sentir jusqu’à 175 km à la ronde. Un espace aussi grand que deux grandes régions françaises – en trois dimensions, entendons bien !

Le marathon à la vitesse de la lumière

Voilà pour le système solaire. Au-delà, on ne peut souvent pas passer outre la mesure de l’année-lumière qui est la distance parcourue par la lumière en une année. À notre échelle « la-terre-est-comme-ta-tête » et « le-soleil-est-un-planétarium », la vitesse de la lumière correspondrait à 15 km/h, soit la vitesse d’un coureur qui ferait le marathon en moins de 3 heures, ce qui n’est pas rien. À ce propos, remarquons que la vitesse fantastique de 100 000 km/h avec laquelle nous envoyons des sondes parcourir l’espace représenterait 1,5 mètre à l’heure, soit la vitesse d’un escargot sous valium (la vitesse officielle de l’escargot turc est de 3,60 m/h!).

Le système solaire le plus proche du nôtre se trouve à 4,22 années-lumières. À notre échelle « terre-comme-une-tête », cela signifierait plus d’un aller-retour sur la lune. Tout cela redevient bien abstrait et inimaginable ; il nous faut à nouveau changer d’échelle pour nous rendre compte de la distance que représenterait d’aller faire un petit coucou au système Proxima du Centaure, l’étoile dont nous parlons.

Terre poussière, Soleil bille

Admettons donc maintnenant que le soleil n’a plus la taille d’un planétarium de 20 mètres mais d’une grosse bille de 2,5 cm de diamètre. Imaginons notre système solaire : notre planète se situerait à 2 mètres de cette grosse bille et aurait la taille d’une poussière à peine visible, un diamètre de 0,2 mm, tel celui d’un cheveu très fin.

À cette échelle, le système solaire le plus proche du nôtre se trouverait à… 675 km de là ! Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé d’exoplanète habitable chez nos « voisins directs ». Pour cela, il nous faudrait continuer le voyage et atteindre, 2500 km plus loin, une planète qui aurait éventuellement une température supportable et peut-être même une atmosphère oxygénée, à 3260 km de chez nous : imaginons un peu le voyage que cela consisterait pour les habitants d’une planète quasi-microscopique comme la nôtre qui atteindraient, le pied au plancher, la vitesse vertigineuse de 2 mm/h (correspondant à celle de nos sondes catapultées à 100 000 km/h dans l’espace) pour faire Paris-Bagdad. Si l’on veut, on peut s’amuser à calculer le temps que l’on mettrait à atteindre cette planète-bis : il nous faudrait pas moins de quelques 35000 ans…

Et après ?

Si l’on sait que toute cette histoire se déroule dans un lieu étoilé dense (nuage local), lui-même situé dans une région qui l’est moins (bulle locale), un pavillon dans une banlieue excentrée de la voie lactée, on peut s’imaginer pouvoir réaliser peu à peu, en réduisant progressivement notre échelle de modélisme, quelle toute petite place nous prenons dans l’immensité de l’univers… Qui sait ?

  1. Je me fonde ici essentiellement sur les articles de wikipedia, en grande partie celui celui sur le système système solaire.

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